^p Interview

 

  • Interview de Vicente Pradal réalisée par Isabelle Jacq

    en janvier 2008 pour "musique Alhambra"
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    - Vicente Pradal, tu excelles dans plusieurs disciplines artistiques: le chant, la guitare et la composition.
  • Le fait d'être artiste, est-ce pour toi une prédestination familiale ?
  • - Je pense qu'il y a eu un environnement déterminant... de là à me prédestiner, le mot est un peu fort. Je suis né dans une famille où l'art était omniprésent, principalement la peinture puisque mon père, Carlos Pradal, était artiste peintre et que j'ai grandi dans l'odeur de la térébenthine et des peintures à l'huile. Il a exercé mon œ''il en me montrant les maîtres qu'il aimait, Van Gogh, à qui je dois mon prénom, Rembrandt, Rubens et bien sûr les espagnols, Picasso, Juan Gris, mais aussi Nicolas de Staël, Matisse ou Le Greco.
  • Nous écoutions beaucoup de musique à la maison, de la chanson française: Barbara, Ferré, Brassens, Brel, de la musique classique: Mozart, Manuel de Falla et bien sûr des musiques hispaniques et le Flamenco. Il y a eu un ferment dans mon enfance où l'on baignait dans l'art, la poésie, le cinéma. A la maison, il y avait beaucoup d'artistes qui passaient comme Atahualpa Yupanqui, Enrique Morente, Pepe de la Matrona, Paco Ibañez et bien d'autres. Très certainement que c'est de là que provient mon goût pour la musique vocale, la guitare qui a été mon instrument et pour la scène.
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  • Enrique Morente

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  • - Dans quelle ville résidais- tu ?
  • - Nous résidions à Toulouse. Mon père est né en Espagne, il est arrivé à 8 ans à Toulouse. Il était le plus jeune des sa fratrie et
    son père était député socialiste de la province d’Almería. Ils ont du fuir le franquisme en 1939. Ils sont passés d’abord par l’Algérie et sont arrivés en France;
    ils ont habité, comble d’ironie amère, à la "Cité Madrid" à Toulouse. Nous sommes donc toulousains originaires d’Almería.

  • - Ton attirance pour le Flamenco, d’où vient-elle ?
  • - Elle vient des premiers disques que j’ai écoutés quand j’étais enfant. Les premiers chants, les premiers accords de guitare, je suppose que cela a remué en moi quelque chose d’enfoui. Il y a eu aussi des rencontres dans ma vie qui ont déterminé mon attraction pour le Flamenco. J’ai pris la décision à l’âge de 17 ans de cesser mes études qui étaient convenables pour me consacrer exclusivement à la guitare flamenca. J’ai commencé à donner des concerts et des leçons, puis à aller régulièrement en Espagne où je me suis installé, d'abord à Séville, puis à Madrid.

  • - Quels sont les maîtres qui t’ont enseigné la guitare ?
  • - Le tout premier, c’est mon père, il jouait por soleá, por alegría, por siguiriya... Il était aussi dépositaire de certains styles qu’on ignore maintenant comme la Alboreá qu'il appelait d'ailleurs "Boda". Mon second professeur a été Pedro Soler. J’ai travaillé aussi avec un professeur à Toulouse, Joaquin Heredia, qui m’a enseigné les falsetas de Sabicas. Plus tard, je suis parti en Espagne et j’ai travaillé avec Perico el del Lunar Hijo, ce dont je suis fier même si c’est un guitariste injustement oublié et ignoré par les aficionados. Paco Peña m’a beaucoup appris dans le cadre des longs stages qu’il donnait à Castres organisés par Robert Vidal. Ensuite j’ai trouvé le maître en qui je me suis reconnu et qui m’a enseigné de manière totalement désintéressée, bénévole, généreuse, car il a vu en moi un ami, un admirateur et un disciple, un continuateur possible de cette école ouverte par la dynastie des Habichuela : Pepe Carmona Habichuela. Il a été longtemps mon guitariste fétiche, mon ami, avec qui j’ai eu la chance de tourner beaucoup aux côtés d'Enrique Morente ou Carmen Linares.
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  • Pepe Habichuela
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  • - La poésie prend aussi une place importante pour toi… ce goût pour la poésie, comment est-il venu ?
  • - C’est venu très tôt en fait… à la maison, il fallait résoudre la question du bilingüisme. Pour les parents des gens de ma génération qui sommes la première génération des enfants de l’exil, la problématique était de savoir comment leurs enfants allaient pouvoir s'en sortir. Pour s’intégrer, fallait-il leur donner des prénoms qui n’aient rien a voir avec l’hispanité et ne parler que français ? Ma mère est française mais excellente hispaniste et mon père andalou avait choisi un certain nombre de stratagèmes pour que nous pratiquions la langue espagnole de manière régulière. Par exemple, à table, nous ne parlions qu'espagnol. Il m’apprenait des poèmes d’Antonio Machado, de Miguel Hernández, des grands poètes. Le goût des mots et de leur sonorité doit venir de là. Ensuite deux événements importants ont eu lieu : Paco Ibañez qui arrive à un moment où le combat politique est extrêmement ardent, celui de l’anti-franquisme auquel j’ai évidemment adhéré. Paco est arrivé avec cette voix somptueuse et cette insoumission à laquelle je souscris encore. J’ai appris ses chansons par cœur, puis en cherchant les poèmes de Lorca, j’ai découvert d’autres poètes. Le deuxième événement important est qu’en 1986, mon père m’a écrit de sa belle écriture un poème attribué à Saint Jean de la Croix ‘No me mueve mi Dios para quererte’ qui est un des piliers de la littérature mystique du 16ème siècle espagnol. Il m’a encouragé à le mettre en musique ayant détecté en moi cette capacité alors qu’à ce moment là j’étais exclusivement guitariste Flamenco. Rien ne laissait présager alors que ma carrière allait basculer complètement grâce à cet écrit de mon père. C’est la charnière de la deuxième partie de ma carrière.

  • - Quel aspect de ton métier compte le plus pour toi : la guitare, la composition ou le chant ?
  • - J’ai un rapport un peu conflictuel avec la guitare même si j’ai eu de grands plaisirs avec elle en accompagnant des grandes figures du Flamenco comme Rafael Romero ou Juan Varea. Quand j’ai amorcé le tournant de ‘La Noche Oscura’ en 1994, j’ai joué de la guitare mais je m’en suis servi surtout comme d'un instrument d’accompagnement de chansons. A partir de ce moment là, je me suis éloigné du Flamenco. La guitare n’était plus du tout une nécessité intérieure. Il reste les deux autres composantes, la composition et l’interprétation du chant. Le chant, je m’y suis lancé à corps perdu et je n’ai aucune espèce d’inhibition. Je me débrouille comme je peux, mais, du fait que j’ai beaucou
  • p accompagné des chanteurs et que j’ai vu comment ils travaillaient, je pense qu’ils m’ont transmis quelque chose. Si je devais choisir entre les trois disciplines, je choisirais la composition parce qu’il me semble que, lorsque je ne serai plus là, mes enfants seront peut-être fier d’être les enfants de celui qui a composé par exemple le Llanto. En même temps c’est un tout, il faut être cohérent. Je crois que ma vie ressemble à ce que je suis sur scène. La composition, le chant, l'instrument... tout cela va ensemble.

  • - Pourrais-tu nous retracer quelques événements et collaborations qui ont marqué ta carrière artistique jusqu’à maintenant ?
  • - Oui, il y en a plusieurs: lorsque j’ai créé ‘La Nuit Obscure’ en 1994, la rencontre importante fut celle de Renaud García Fons qui fait notamment un beau duo avec le guitariste Kiko Ruiz, c’est un contrebassiste très éclectique, qui vient du jazz et qui s’est beaucoup préoccupé des musiques ethniques. Il a jeté des ponts très intéressants avec le Flamenco. Puis, j’ai crée le ‘Cantique spirituel’ toujours sur Saint Jean de la Croix, avec Carmen Linares qui a accepté de chanter ma musique, ce qui a été un événement formidable pour moi, d’autant plus que quelques années après elle m’a demandé de la diriger et de composer pour elle dans un projet merveilleux intitulé ‘L’Apocalypse’ qui s’est fait en Espagne, spectacle crée par Irène Papas et scénographie par Yoko Ono ; J’étais compositeur et directeur musical sur la partie de Carmen. Puis, il y a eu 3 spectacles 'le LLanto',‘Le Romancero Gitano’ et’ Pelleas et Melisanda’ qui m’ont ouvert les portes d’un circuit très important en France, celui des scènes nationales. Cela m’a permis de rencontrer des milliers de spectateurs et de nouer des liens très forts avec le TNT à Toulouse et sa codirection Jacques Nichet et Richard Coconnier. Il y eu aussi le travail à Rome avec la remarquable Assia Djebar. En fait, ma carrière artistique est jalonnée de grandes rencontres… Je veux rendre hommage à Salvador Távora, le directeur de la Cuadra de Sevilla qui est venu à Toulouse en 1974, avec un spectacle intitulé ‘Quejío’ qui a été une révolution artistique en Espagne et dans le monde. On peut voir dans ce travail les germes de mon propre travail. Je dois à Salvador Távora de m’avoir ouvert les yeux sur une autre possibilité de faire du spectacle.

  • Carmen Linares
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  • - Pourrais-tu nous parler aussi de ta collaboration avec Michel Rostain ?
  • - Oui, principalement sur le ‘Llanto’, nous avons fait un travail remarquable de complémentarité, d’amitié et de fraternité. C’est un spectacle qui a été joué plus de 150 fois, en France, au Canada, à Cuba en Espagne, au Théâtre de la ville de Madrid, en présence de la famille Lorca. Nous avons eu une critique dithyrambique, le public criant merci…c’était extrêmement émouvant. Je dois aussi à Michel Rostain de m’avoir débarrassé à tout jamais de mes peurs. J’ai appris à être ce que je suis devenu, c’est à dire un homme libre sur un plateau, désinhibé ; il a ma gratitude éternelle.

  • - Tu as une véritable fascination pour la poésie de Lorca, n’est ce pas ?
  • - Il a plusieurs raisons à cela. La principale c’est que Lorca est véritablement un génie, c’est le grand poète contemporain espagnol, même s’il y en a d’autres. C’est un poète majeur, un génie universel, un dramaturge profond, inspiré, un dessinateur, musicien, traducteur et pour nous, les musiciens, sa poésie est du pain béni car il y a une extrême musicalité dans ses vers. C’est un poète gorgé de sa culture andalouse et flamenca. Il avait une compréhension extrême de la chose andalouse. Forcément quand on lit son œuvre, on s’y retrouve, on retrouve des images, de la musicalité. Fatalement, c’est un poète qui inspire le musicien, d’ailleurs, je suis loin d’être le premier à l’avoir mis en musique, Morente, Paco Ibañez, Théodorakis et d’autres compositeurs l’ont déjà fait. Pour la petite histoire, mon arrière-grand-père a été son maître d’école à Fuente Vaqueros et les familles Pradal et Lorca ont gardé des liens très étroits.

  • - Pour revenir au spectacle ‘le divan du Tamarit’, quelle est l’origine de ce spectacle ?
  • - Je suis allé voir un jour un spectacle de Salvador Távora et Cuadra de Sevilla, à Narbonne. L'homme qui m’avait invité à ce spectacle avait invité aussi José Manuel Cano López. Nous avons vu le spectacle ensemble, sympathisé, dîné ensemble et, en discutant, nous nous sommes rendu compte que nous avions un amour incommensurable pour l’œuvre de Lorca ainsi qu’une bonne connaissance de la vie et de la mort du poète; nous nous sommes aperçus que son grand-père était sur les bancs de la même classe de la même école au village de Fuente Vaqueros où est né Lorca, qu’il avait été l’élève de mon arrière grand-père. Cela faisait beaucoup de points communs. José Manuel qui a un très beau théâtre à Tours m’a invité à présenter deux spectacles consécutivement et de cette amitié est née l’idée de faire quelque chose ensemble. Nous avons donc travaillé à la conception de ce spectacle. Nous avions un domaine privilégié chacun, lui, la mise en scène, moi la composition et la direction musicale et que nous nous retrouvions ensemble sur le concept général. Je suis arrivé avec l’équipe que je lui proposais et lui, avec ses comédiens et nous nous sommes mis au travail.
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  • - Pourquoi as-tu choisi la danseuse Fani Fuster pour ce spectacle ?
  • - Un ami qui avait été mon élève m’avait alerté sur sa venue à Toulouse en me disant ‘il y a une danseuse qui vient de Séville et qui danse très bien’. J’ai donc assisté à son spectacle de flamenco dans lequel elle dansait son répertoire. Conquis par sa danse, je suis allée la voir à l’issue du spectacle, je lui ai parlé du projet et je l’ai sondée sur son attirance éventuelle pour un travail atypique; elle a répondu favorablement à ma demande. Nous avons commencé à travailler ensemble et j’ai découvert une danseuse créative, habitée par le duende , elle est somptueuse, surprenante. Je suis certain qu'elle est promise à un grand avenir international. Elle s’ inscrit dans une ligne très moderne, comme Israel Galván ou Andrés Marín, des danseurs qui connaissent à fond la tradition mais qui, en même temps, sur un seul geste, sont capable de vous surprendre et vous émouvoir. Je l'aime beaucoup !

  • - En plus du talent véritable de tous les artistes qui participent à ce spectacle, nous avons remarqué une belle harmonie d’ensemble…
  • - Oui, j’apporte beaucoup de soin au casting, mais aussi à veiller à ce que chaque interprète travaille pour le collectif et que chacun s’approprie le spectacle, s'engage et s’implique. C’est un des gages de réussite que de construire autour de la personnalité de chaque interprète, que d’accorder des moments de solos à chacun ainsi que des moments puissants de tutti.

  • - Vicente, as-tu des projets de création ?
  • - Il m’arrive un événement tout à fait important, la commande la plus honorante et difficile qu'on m'ait passée, totalement imprévisible : La Comédie Française m’a contacté il y a une quinzaine de mois quand sa direction a changé ; C’est Madame l’administrateur Muriel Mayette qui a réparé une injustice car Lorca n’a jamais été joué à la Comédie Française ! On a fait appel à moi pour amener une vision particulière et musicale de son oeuvre. J’ai donc choisi ‘Yerma ‘, une de ses trois tragédies qui est profonde et courageuse ; Lorca s’est préoccupé de la condition féminine dès les années 30. Il a vu que la question de la stérilité pouvait être l’objet d’un drame destructeur, ravageur, et il a écrit cette pièce sublime avec ce personnage qui est devenu le symbole de la femme espagnole qui ne se soumet pas à son destin. J’ai choisi de monter cette pièce avec quelques musiciens et surtout les excellents comédiens du Français

  • - Quels sont les spectacles et les pièces que tu fais tourner actuellement ?
  • - Il y a le spectacle ‘Vendrá de Noche’ en parallèle de mes créations thématiques. C’est un récital dans lequel je suis entouré de formidables musiciens et dans lequel je chante des extraits de ‘La nuit obscure’ ou du ‘Llanto’ et de nouvelles chansons. La pièce ‘Yerma’ est déjà programmée : 35 représentations au Théâtre du Vieux Colombier, à Paris du 20 mai au 29 juin. Le Divan du Tamarit a été joué 25 fois. Il va repartir en tournée à partir du mois d’octobre prochain jusqu’en février, en France, avec une incursion probable en Espagne

  • - Un projet d’enregistrement d’album ?
  • - J’enregistre ‘Le divan du Tamarit’ pour Virgin à Paris avec les musiciens du spectacle et quelques invités prestigieux. Le disque sortira juste avant la présentation de Yerma, à Paris, au mois de Mai prochain.

  • - Merci Vicente , et à très bientôt !

 

Portrait "la dépèche du Midi"

 

 

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  • - Quel est le site naturel (endroit, quartier...) que tu recommandes ?
  • Toulouse est magnifique depuis le pont des Catalans quand la nuit tombe sur la Garonne.
    Le fleuve est d’une extrême importance ici, il nous relie aux Pyrénées où il prend sa source et à l’Océan. 
    La contemplation de l’eau qui passe est une source constante d’inspiration, de rêverie. 
    Lorsque j’habitais à Séville et que j’avais la nostalgie de Toulouse c’est toujours la Garonne et ses abords qui me revenaient en mémoire. 
    J’aime profondément ma ville, particulièrement les vieux quartiers, Saint Cyprien, les Sept Deniers, les rues chargées d’histoire comme la rue du Taur.
    Notre belle basilique Saint Sernin et son marché aux puces sont liés à ma petite enfance, définitivement. 
    Mon père, le peintre andalou Carlos Pradal, m’y amenait le dimanche matin. C’était le rendez vous des espagnols, gabardine et béret noir, toujours attentionnés et facétieux malgré le drame de leur exil. 
    Le jardin des plantes est aussi un lieu qui m’est cher ainsi que le Museum d’histoire naturelle  dont j’attends la réouverture d’octobre avec une certaine impatience.
    Le jardin de l’Observatoire à Jolimont est assez peu connu mais c’est un endroit très calme avec une belle roseraie, des mamans, des poussettes, des lecteurs, quelques boulistes et une vue imprenable sur la ville.
    J'aime aussi mon quartier populaire d'Arnaud Bernard et je recommande d'y manger  un bol de lentilles chez mon ami Hamid,
  • en terrasse de “l'Oriental” dès les premiers soleils.  Avant c'était le fief des réfugiés espagnols, aujourd’hui c’est  un quartier métis, très Sud, les commerçants sont très gentils.
    Les marchés me plaisent beaucoup, le marché Cristal mais surtout le marché  Saint Aubin avec ses petits vieux pittoresques qui viennent des alentours de Toulouse  proposer modestement leurs propres cultures: un pot de lavande, de la menthe fraîche, une botte de radis, des pieds de tomate, le genre d’endroit d’où on revient toujours avec quelque chose d’imprévu et où on rencontre les copains.
    J'adore le marché Victor Hugo, il me rappelle les marchés couverts madrilènes qui grouillent de monde, imbattable pour le poisson !
  • - Quel est ton monument préféré ?
  • Comme beaucoup de Toulousains je suis très attaché à l’église des Jacobins, la salle capitulaire où j’ai eu le privilège de chanter l’an dernier, le réfectoire et ses belles expositions, la nef et son sublime palmier mais surtout le cloître qui apaise l'âme.
  • Quand je veux faire découvrir la ville à un ami étranger c’est toujours là que je l’amène.
    Mais le cloître des Augustins est aussi très beau !
    J’aime découvrir les cours intérieures, en Andalousie on dirait les patios, chaque fois que je le peux je me faufile par une porte entrouverte et je savoure la découverte de ces lieux silencieux et remplis de mystère.
    La magnifique statue de Clémence Isaure, rue de la Concorde, m'a toujours fasciné par son extrême sensualité, regardez la bien: elle invite à l'amour et pas seulement de la poésie...
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  • - Quel est ta gourmandise favorite ?
  • Ma grande dualité: je suis un épicurien mais il y a de l'ascète en moi.
    Je cuisine beaucoup. J'aime les plats simples : un bon poisson grillé par exemple, quelques huîtres, des oursins. 
    J'aime surtout manger ce que je trouve: champignons, asperges sauvages, arbouses, truites farios, 
    escargots des Corbières. La poutargue, vous connaissez ?
    Et puis, bien sûr, le vin et son univers merveilleux et secret...
    Je mange fréquemment au “Don Pancho” avenue Honoré Serres, à côté de chez moi, 
    la cuisine est très méditerranéenne, simple et de qualité, le patron et le personnel sont très sympas. 
    Une table que j’apprécie également beaucoup est “Ô saveur” à Rouffiac, tout près de Toulouse.

  • - Quel est ton coup de coeur culturel ?
  • Sans aucun doute le TNT. J'ai été appelé à y travailler dès le début, j'ai vu éclore la maison au centre de la Cité.
    L'équipe est formidable, brillante, efficace. 
    Je salue le travail de Jacques Nichet, son intelligence, son talent. Il nous quittera en Décembre et nous espérons tous un successeur digne de ce grand théâtre... 
    L'arrivée de Carette au Sorano a fait aussi beaucoup de bien à la vie culturelle toulousaine.
    D’un point de vue artistique la révélation de l’année 2006 est incontestablement à mes yeux l’arrivée sur la scène toulousaine hispanisante, à mes côtés, de mes deux enfants Rafael, pianiste, et ma fille Paloma, chanteuse.
    La profession, l’afición, sait qu’il faudra désormais compter avec eux. 
    J’appartiens à une génération qui a donné à la ville une importante multiplicité d’artistes, 
    sans doute sont-ils les pionniers d’une nouvelle vague issue de la troisième génération des Pradal de l’exil. 
    Leur talent est toute ma fierté. Ils iront loin, vous verrez...
  • Guy Novès

 

  • - Quel est le Toulousain que tu préfères ?
  • - J'ai beaucoup d'amitié et d'admiration pour Guy Novès.  C'est un meneur d'hommes remarquable, humble et courtois. Il y a dans le rugby beaucoup de culture, d'imagination, d'improvisation, d'engagement, d'incertitudes : c'est un magnifique spectacle, un rituel.
    J’ai rencontré Guy et son épouse cet été grâce à un ami commun qui a organisé un déjeuner
    dans ma maison des Corbières. Nous avons en commun l’amour de cette région sauvage et ventée, la même attraction pour la mer Méditerranée et nous partageons le goût de l’amitié sincère. 
    Nous avons amorcé un débat fertile sur les valeurs et les difficultés comparées de nos métiers respectifs.
    J’ai la certitude qu’en tant qu’homme de spectacle j’ai beaucoup à apprendre de ce sportif de haut niveau.
    Je me dois d’ajouter, bien sûr, en tant que musicien, une pensée pour Nougaro que j’ai connu sur le tard et que j’admire

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Claude Nougaro

 

 

Questions à Vicente Pradal, par André Lacambra

 

 

 

 


  • -Quelle est la personnalité qui vous a éveillé à la poésie, à la musique et à l’art en général ?
    -Indiscutablement mon père, le peintre andalou Carlos Pradal.
    -Votre plus grand souvenir d’un spectacle flamenco ?
    -"Quejío" par la "Cuadra de Sevilla".
    -Ce que vous aimez le plus dans la poésie et la musique ?
    -Leur capacité d'innovation.
    -Le moins ?
    -Leur fugacité.
    -Vos trois poètes préférés ?

    -Lorca, Miguel Hernández et Baudelaire.
    -Avez-vous un poème culte ?
    -Le "LLanto" de Federico García Lorca.
    -Un héros ou une héroïne de fiction préféré ?
    -Corto Maltese.
    -Le chanteur ou la chanteuse flamenco que vous auriez aimé ou aimeriez diriger ?
    -J'ai eu la chance de diriger plusieurs reprises la grande Carmen Linares,
    un bonheur total, et j'ai une admiration profonde pour la regrettée
    Pastora Pavón, "la Niña de los Peines", mais c'est le génial cantaor Enrique Morente
    que j'aimerais diriger aujourd'hui.
    -Quel est l’artiste qui vous fait renoncer à une sortie entre amis ?

    -Justement Enrique Morente, mon mentor.
    -Votre livre de chevet ?
    -Les oeuvres complètes de Federico García Lorca
    - Les trois livres à emporter sur une île déserte ?
    -Cent ans de solitude, tout Borges et le Quichotte.
    Un bon gros dictionnaire aussi si vous permettez ! J'adore les dictionnaires !
    -La lecture, c’est…
    -De plus en plus rare, j'ai beaucoup lu, je lis moins, quelques poètes encore...
    -L’écriture, c’est…
    -Pour moi, un exercice de précision, de mise en forme de la pensée.
    -Votre mot favori ?
    -A table !
    -Le film dont vous ne vous lassez pas ?
    -La trilogie de Marcel Pagnol.
    -La musique préférée ?
    -Bien sûr le Flamenco, j'écoute beaucoup de classique mais ma préférence va
    aux musiques populaires.
    -Le tableau qui vous éblouit ?
    -"L'enterrement du Comte d'Orgaz", du Gréco.
    -Quel est le talent que vous aimeriez avoir ?
    -Une meilleure aptitude à éprouver et à générer du bonheur.
    -Quel métier vous aurait tenté hors de la scène ?
    -J'ai la chance d'avoir une vraie vocation qui s'est déclarée très tôt,
    sincèrement je ne me vois pas faire un autre métier que le mien.
    -Votre lieu de vacances favori ?
    -Les Corbières maritimes.
    -Le paysage qui vous apaise ?
    -La mer.
    -Celui qui vous angoisse ?
    -Le désert.
    -Le parfum qui vous enivre ?
    -Celui des jasmins.
    -Votre couleur préférée ?
    -J'aime surtout les harmonies de couleur.
    -Que préférez-vous chez une femme ?
    -Beaucoup de choses... la part féminine, la sensualité, la délicatesse,
    l'écoute, la confidence.
    -Chez un homme ?
    -La générosité, l'humour, l'amitié, la tolérance, l'engagement, la droiture.
    -La rencontre la plus importante de votre vie ?
    -Pardon, il y en a plusieurs: Enrique Morente, Paco Ibañez, Salvador Távora, Pepe Habichuela,
    Atahualpa Yupanqui...
    -Avec qui aimeriez-vous passer une soirée ?
    -Léonard Cohen, Monica Belluci, Adriana Karembeu, Mozart, Jack Nicholson,
    Raimu, Che Guevara, Maradona, Lorca, Pablo Neruda, Saint Jean de la Croix, Luis Rigou,
    Django Reinhardt, Carlos Gardel et Woody Allen.
    -Votre plat favori ?
    -J'adore cuisiner ce que je ramasse, les champignons, les asperges sauvages,
    les truites farios que je pêche, les oursins.
    -La boisson qui vous rend meilleur ?
    -Assurément le vin, le bon vin...
    -Votre idéal de bonheur ?
    -Mon bonheur a toujours été lié à l'amour.
    -Votre plus grande tristesse ?
    -La mort prématurée de mon père qui n'a connu ni mes enfants ni mon oeuvre.
    -Avez-vous une devise ?
    -Non, pas de devise particulière, peut être "Carpe Diem".
    -Demain sera…
    -meilleur qu'aujourd'hui...
    e pour Nougaro que j’ai connu sur le tard et que j’admire

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